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Back to the blog The Punisher Saison 2 : un film d’action au rabais

On février 5, 2019


Ça y est, la très attendue saison 2 du Punisher est sortie! Pourtant, même si la bande-annonce avait l’air envoûtante, elle peine à convaincre. Attention cet article peut comporter des traces de SPOILER.

A priori, la trame de la saison 1 du Punisher n’a surpris personne, puisqu’elle s’inspire fidèlement du comics. À l’inverse la saison 2 navigue complètement à l’aveugle au niveau du scénario et on l’a bien ressenti.

Pour rappel, Franck Castle est un ancien membre des forces spéciales, surentrainé, expert en explosif, armes, et combat au corps à corps. Déchiré par la meurtre de sa femme et ses enfants, il décide de les venger. Il n’a aucun pouvoir particulier, à part son entrainement ainsi que sa détermination. Surnommé « The Punisher », il se fait le justicier le l’ombre, ne respectant qu’un seul code : tuer ceux qui le mérite.

Pourtant tout a si bien commencé; c’est au cours de la saison 2 de Daredevil, qu’on découvre le personnage mythique du Punisher. La scène de Franck Castle dans la prison en dit long sur le potentiel du personnage. D’ailleurs le combat est certainement l’un des plus aboutis en terme de réalisation.

Étonnant par son sens du devoir, il marque clairement la rupture avec les valeurs de Daredevil. Cette série plutôt addictive, est également connue pour son générique entrainant, qu’on analyse ici.

En bref, lorsque Netflix a annoncé qu’une série serait dédiée intégralement à ce personnage, tout le monde a sauté de joie. Et la première saison n’a fait que confirmer l’intérêt pour le héros de l’univers Marvel. Cependant, toute bonne chose a une fin.

Les loupés

Billy Russo

Tout d’abord, l’un des très gros loupés concerne le méchant de la série Billy Russo.

Ancien frère d’armes de Franck, Russo se fait tabasser et dévisager par The Punisher à la fin de la saison une. Laissé pour mort, le visage remplis de débris de verre : c’est la sentence que Franck lui inflige pour se venger. Ainsi on distingue aisément les raisons pour lesquelles il reste en vie.

Le physique

Alors qu’il a subi des opérations chirurgicales de précision on découvre son vrai visage. Dans un premier temps les réalisateurs laissent planer le doute, car Russo arbore un masque lorsqu’il est à l’hôpital. Puis, après s’être évadé (aisément), on découvre enfin les plaies qui marquent sa figure.

La déception est grande concernant le maquillage de l’acteur Ben Barnes, qui manque cruellement de réalisme. Les cicatrices qui étaient censées ruiner le physique de Billy, ne ressemblent qu’à de simple balafres.

Billy Russo dans the Punisher

De même, on s’interroge sur la ressemblance avec Jigsaw (Le Puzzle), le méchant orignal dans les comics The Punisher. Ce dernier est normalement démoniaque et son visage le rend d’autant plus effrayant. Malheureusement, la production a très certainement voulu garder l’aspect « bad boy » de Russo, ce qui rend impossible la moindre crainte vis-à-vis de celui-ci.

Le jeu d’acteur

Si on pensait que le manque d’investissement dans le maquillage était un problème, le jeu d’acteur en est un.

Il est vrai que dans la saison 1 on découvrait les multiples facettes du personnage de Billy Russo et son double jeu était intéressant à développer. D’autre part, il était assez mystérieux, fourbe et avide de pouvoir, ce qui le rendait a priori imprévisible.

À défaut, dans cette nouvelle saison on entrevoit un personnage atteint de paranoïa, et qui revit systématiquement au cours de cauchemars, la scène où Franck lui ruine le visage. De surcroît, on apprend également que Russo est atteint d’amnésie, ne pouvant se souvenir que de certains passage de sa vie. Feinte ou réalité, impossible à dire, mais il y a probablement une tentative d’humanisation de la part des scénaristes, qui tombe à l’eau. Il est difficile de ressentir la moindre compassion pour lui.

Au final, Russo manque cruellement de personnalité

En réalité, l’impact psychologique du Punisher sur Billy Russo est surdimensionnée. On s’attarde inutilement sur des scènes de démences, où sa bipolarité est mise en exergue, mais rien d’intéressant n’en ressort pour la suite de l’intrigue. Au contraire, ses crises à répétition démesurées ainsi que ses accès de colère, constituent le seul aspect du Puzzle. Au final, Russo manque cruellement de personnalité,

Les incohérences

En plus de développer un personnage incohérent, les scénaristes ont suivi le même chemin quant à la trame de la série.

Si Russo est censé être fou et cruel, certains passages ne corroborent pas avec l’image que l’on pourrait se faire de lui. En effet, lorsqu’il réunit des anciens marins pour réaliser un braquage, on ne saisit pas les raisons profondes qui les poussent à passer à l’acte. L’idée du cambriolage est tout simplement mal amenée, preuve d’un amateurisme évident.

Au final cette scène réduit la saison 2 à un Blockbuster de série B.

De même, on aurait pu s’attendre à voir enfin sa vraie nature primitive émerger au cours de ce braquage. Mais ce n’est pas le cas. Russo reste trop gentillet, et on sent au final qu’il n’est pas un véritable psychopathe. Décevant.

Dinah Madani

Il est vrai que dans la saison 1 l’agent Madani avait un rôle décisif, puisqu’elle était une sorte d’entremetteuse avec le Punisher. Courageuse membre de l’agence de la Sécurité Intérieure, sa détermination lui permet d’élucider l’enquête conduisant au démantèlement de l’opération Cerbère.

Cependant, Madani ne se remet toujours pas de l’attaque du parc, où elle a pris une balle en pleine tête. Heureusement, ce tir n’étant pas mortel, elle souffre d’une simple commotion. En vérité, on la retrouve complètement traumatisée par la présence de Billy Russo. On comprend aisément le drame qu’elle a subi, mais elle se marginalise de l’intrigue.

Par ailleurs, le charisme dont elle faisait preuve dans la saison 1 a presque disparu. Réfugiée dans l’alcool, Madani est écartée de l’enquête qui concerne Russo. C’est d’ailleurs son collègue Brett Mahoney qui est maintenant en charge.

Néanmoins, on notera que c’est dans les derniers épisodes que l’on revoit la Dinah Madani qu’on aimait tant dans la première saison. Le courage refait surface, mais presque un temps trop tard (au cours de l’épisode 12) où elle décide d’agir pour aider Franck.

Amy Bendix

La saison 2 accueille de nouvelle recrues, à l’image de Giorgia Whigham (Amy Bendix) qui donne la réplique à Jon Berthnal (The Punisher). En effet, elle joue le rôle d’une adolescente perdue, pourchassée par la mafia russe. Désespérée mais indépendante, elle fait la connaissance de Franck au cours du premier épisode. À l’instar d’Amy, Franck s’engouffre dans un engrenage dont il ne maîtrise pas encore les rouages.

En principe l’arrivée de nouveaux personnages dynamise la série, mais cela n’a qu’un temps. Passés les épisodes de la rencontre avec Franck, on se lasse rapidement du caractère bornée et exubérant d’Amy. Malgré tout, leurs rapports, qui s’apparentent à une relation père/fille, coïncident bien.

Pour autant, c’est le seul aspect intéressant que l’on perçoit, car leur cavale est d’un ennui mortel. Au final, ses actions sont limitées et elle se cantonne à attendre Franck. C’est dommage, car on aurait voulu voir émerger une redoutable combattante qui s’endurcie au fil du temps.

L’entre-deux

Franck Castle

Impressionnant dans la saison 1 dans le rôle du Punisher, il ne démérite pas dans cette nouvelle saison. On le retrouve toujours fidèle à lui-même ainsi qu’à son code de conduite, bien que celui-ci soit mis à mal.

L’ancien soldat ne tarde pas à illustrer son talent; dès le premier épisode, il met en exergue ses qualités dans une scène « bad ass » comme on les aime.

Finalement, bien qu’on apprécie la violence et le réalisme de ces scènes, c’est probablement « too much ». En principe, on comprenait ses motivations dans la saison 1, ainsi que la brutalité de ses actes, mais c’est moins le cas dans la saison 2. Franck doit opérer sur deux tableaux : protéger Amy et arrêter Billy Russo.

En définitive on reconnaît le Punisher du début, le jeu d’acteur de Jon Berthnal reste intact. Cependant, on peut émettre une réserve quant à sa surpuissance dans certaines actions, le rendant presque invincible. C’est le cas notamment lorsqu’il terrasse sans aucune difficultés des membres de la mafia russe, où on aurait préféré le voir trimer un peu plus.

Les réussites

John Pilgrim

Bien qu’il y ait beaucoup de choses à redire sur cette saison 2, une des réussites est bien le personnage de John Pilgrim interprété par Josh Stewart.

Tout droit sortie de la campagne profonde des États-Unis, on pourrait presque lui donner des airs d’Al Capone sous son chapeau et sa tenue de pasteur. On apprécie également sa foi en Dieu qu’il utilise pour justifier ses actes, comme si elle pardonnait tous ses pêchers.

Son air nonchalant ainsi que sa démarche montre toute la peine et la douleur qu’il supporte. Par ailleurs, il a souvent le regard vide lorsqu’il tue. De ce fait, on a à la fois un sentiment de respect et de crainte vis-à-vis de ce terrible personnage.

Redoutable tueur, il ne rechigne devant rien et puise sa détermination dans la souffrance de sa femme, atteinte du cancer. Pour autant, on comprend rapidement qu’il est manipulé, faisant partie d’une engrenage absurde mêlant politique et mafia.

En définitive la saison 2 est bien réalisée sans être une réussite, la faute au scénario probablement. On apprécie tout de même l’intensité et le suspens amenée dès le début ainsi que vers la fin de la saison. En outre, on se passera des épisodes composant les péripéties, car ils sont d’un calme plat et ne correspondent pas à ce qu’on attendait du Punisher.

On comprend aisément les interrogations qui se posent quant à une prochaine saison. Netflix arrêtera-t-il la série? Notre avis : malheureusement c’est fort probable, au vue de l’issue de la saison 2 ainsi que du manque d’inspiration apparent des réalisateurs.

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